Déconnecter du travail quand on rentre le soir n’est pas toujours évident, encore moins quand on est entrepreneur.

C’est pourtant primordial, et pas seulement parce que ça vous permet de gagner du temps de travail.

Vous préférez écouter cet article plutôt que de le lire ?
P
as de souci ! Le lecteur ci-dessous est là pour ça :

Est-ce que vous êtes le genre de personne, qui, une fois rentré à la maison, ne pouvez pas vous empêcher de penser à votre entreprise, d’une façon ou d’une autre ?

« Je n’ai pas répondu au mail de M. Martin. »

« J’espère que Michel a bien envoyé le devis à Mme Thomas. »

« Il ne faut pas que j’oublie d’aller acheter du papier pour l’imprimante demain. »

« Tiens, comment se déconnecter du boulot, ça ferait un super article. »

Déconnecter du travail n'est pas évident

Vous voyez ce que je veux dire ?

À vrai dire, pas la peine de me répondre, je sais déjà que ça vous parle.

Parce que je suis comme vous.

Et ça n’a rien d’étonnant. 90% des entrepreneurs avec qui j’échange fonctionnent également de la même façon.

De la mauvaise façon.

Temps de présence physique = 10h/Temps de présence psychologique = 18h

C’est bien connu, quand on dirige une entreprise, on passe ÉNORMÉMENT de temps à travailler. Généralement les premiers arrivés au bureau, encore plus souvent les derniers à le quitter le soir. Et encore, on oublie de compter le temps de présence psychologique, là aussi très important, qui s’additionne au temps de présence physique !

Mais si, vous savez, toutes les fois où vous n’êtes pas au bureau (à la maison, à la salle de sport, en balade en forêt ou lors du repas dominical chez belle-maman), mais que votre esprit est occupé par des pensées liées à votre entreprise.

Je vous renvoie à la 3e ligne de cet article pour des exemples, mais il va sérieusement falloir travailler sur votre concentration si vous en avez besoin… (Ne vous inquiétez pas, je rédigerai un article là-dessus très vite.)

Bon, pour résumer, un petit graphique qui vous montre la répartition de votre temps dans une journée si vous  ne vous déconnecter pas du travail :

Journée d'un entrepreneur non déconnecté du travail

On voit clairement que le temps consacré au travail, quand on est entrepreneurs, représente près de trois quarts de nos journées (nuits incluses).

Et encore, c’est encore pire au début d’un projet, que ce soit lié à la création de l’activité ou au lancement d’un nouveau produit ou service.

Alors, on est d’accord, ce phénomène est tout à fait normal.

Après tout, c’est vous qui avez le plus grand engagement vis-à-vis de votre entreprise, le plus de responsabilités (toutes catégories confondues : financières, légales, humaines…). Il est donc tout à fait naturel d’être le plus impliqué.

Mais à ces niveaux, votre trop forte implication peut avoir des complications catastrophiques :

  • Une énorme fatigue, d’abord. On parle de nos jours de burnout. C’est peut-être un peu flou pour certains, et je ne suis pas le plus qualifié pour en parler, mais il s’agit ni plus ni moins que d’une exposition prolongée à une pression constante, qui conduit le corps (et l’esprit, même si on s’en accommode un temps plus facilement), à ne plus pouvoir supporter la moindre pression. Je ne vais pas entrer dans les détails maintenant, mais il est très difficile de s’en remettre, c’est long, et ça demande un repos complet (en plus, bien souvent, d’un accompagnement psychologique et d’une aide médicamenteuse).
  • Sans aller jusque-là, le temps que vous passez à vous occuper de votre entreprise, vous ne le passez pas à faire autre chose. S’occuper de vous, s’occuper de votre famille, s’occuper de votre vie sociale. Il est nécessaire et primordial que vous sauvegardiez un équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie privée.
Déconnecter du travail pour être concentré sur la vie personnelle demande un équilibre
  • À trop garder la tête dans le guidon, vous finissez par manquer de recul. On dit qu’une bonne nuit de sommeil permet de retenir plus facilement ce qu’on a appris dans la journée. Ce n’est pas pour rien. Le cerveau a besoin d’un temps de récupération pour intégrer et analyser les nouvelles informations qui lui sont parvenues. La cerise sur le gâteau, c’est qu’il fait ça tout seul. Je suis sûr que vous l’avez déjà expérimenté, quand vous vous concentrez à nouveau sur un problème qui apparaissait insoluble quelques jours plus tôt, la solution vous arrive naturellement, presque par magie. C’est votre cerveau qui, pendant que vous vaquiez à vos occupations, continuait de plancher sur le problème.

Se déconnecter du travail nécessite de mettre en place des rituels de déconnexion

La solution est évidente : réduire votre temps de travail.

« Sans blague, Nicolas, tu crois pas que j’y ai déjà pensé ? Plus facile à dire qu’à faire ! »

Bon, d’accord, si la solution est simple, sa mise en application peut être plus problématique.

D’abord, le temps de présence physique. Je sais que vous vous dîtes que vous n’avez pas le choix, le boulot doit être fait, personne ne le fera à votre place. Je vous rejoins là-dessus, mais nous verrons dans un prochain article que ce n’est pas une fatalité, il existe des solutions.

Mais pas aujourd’hui.

Non.

Aujourd’hui, nous nous concentrons sur le temps de présence psychologique, qui doit être drastiquement diminué, sinon éliminé.

Et ça, ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, par une simple volonté d’esprit, surtout si ça fait des années que vous fonctionnez comme ça.

C’est véritablement en travaillant sur cet aspect que vous arriverez à déconnecter du travail de plus en plus facilement.

La première des choses à faire est de compartimenter votre vie professionnelle de votre vie privée.

Très concrètement, pour une certaine période (par exemple de 18h à 8h30 le lendemain matin), vous devez quitter votre vie professionnelle, pour entrer dans votre vie privée. Il ne doit pas y avoir d’interconnexion entre les deux dans ce créneau.

Sauf que votre cerveau est têtu.

Il va vouloir connecter entre eux ces compartiments.

Et plutôt que la manière forte (ça marche rarement avec son propre cerveau), il vous faudra ruser pour couper les ponts.

Déconnecter du travail demande de faire une coupure nette

Bien finir sa journée professionnelle permet de se déconnecter du travail

Avant de quitter le bureau et de rentrer chez vous, vous devez indiquer à votre cerveau que la journée de travail est terminée, et ce jusqu’au lendemain.

Pour ça, voici une petite astuce.

Anticiper votre journée du lendemain en faisant une courte liste des choses à faire.

Ça peut paraître contre-intuitif, mais si vous notez les tâches importantes à faire le lendemain, vous n’aurez pas de raison de les ruminer toute la soirée.

Attention toutefois, la liste doit être courte et réaliste.

Je vous conseille de noter 3 actions.

Exemples : répondre à un mail, préparer une réunion importante, travailler 1h sur un projet pour le dégrossir, appeler tel prospect pour lui présenter vos services.

De cette manière, vous quittez votre bureau dans de bonnes conditions, l’esprit en paix.

Quitter le bureau dans de bonnes conditions permet de déconnecter du travail correctement

Le trajet du retour = sas de décompression

Votre cerveau sera plus enclin à vous laisser profiter de votre soirée si vous mettez en place des routines de déconnexion.

Le cerveau adore les routines.

Elles peuvent mettre du temps à s’automatiser (près de 60 jours selon certaines études), mais une fois mises en place, ce sont elles qui alimentent la majeure partie de votre quotidien.

Il s’agit ici de créer des moments qui vont conditionner votre cerveau à passer de l’état « Travail » à l’état « Détente ».

En d’autres termes, ce sont ces rituels qui autoriser votre cerveau à déconnecter du travail.

Voici quelques exemples de routine à mettre en place :

  • Rentrer du travail à pied ou à vélo. Bon, d’accord, ce n’est pas accessible à tout le monde. Mais pour les plus chanceux, c’est, je trouve, la méthode idéale pour faire la transition entre le travail et la vie privée.
  • Pour ceux qui prennent les transports en commun, n’hésitez pas à lire un livre ou à écouter votre playlist préférée (ça marche aussi avec les podcasts). C’est la méthode que j’utilisais quand je vivais à Paris. Tous les soirs, pendant mes ¾ d’heure de métro sur le chemin du retour, je lisais, de préférence, un bon roman policier. Et le bonus, c’est que ça marche aussi dans l’autre sens. En allant au travail, vous pouvez vous plonger dans les nouvelles du jour de votre quotidien favori par exemple.
  • Sitôt arrivé chez vous, vous pouvez vous consacrer à une activité, de préférence individuelle, qui va accaparer votre cerveau de façon efficace et positive. Cela peut être du sport, de la méditation, ou même de la cuisine si c’est votre passion.

Ce qui est important ici, c’est d’instaurer un rituel qui marque la fin de la journée de travail.

Profitez des moments de détente pour vous détendre

Cela peut paraître stupide, mais faire des activités qui vous plaisent seront d’autant plus bénéfiques pour vous et pour votre récupération de la journée de travail.

Je me répète, mais là aussi, on retrouve des grands classiques comme faire du sport, méditer, ou cuisiner.

Cela peut aussi être un moment cocooning devant la télé.

Personnellement, je trouve les émissions comme Le meilleur pâtissier parfaites pour me déconnecter. Outre ma gourmandise avérée, je trouve le cadre et l’ambiance de ces émissions particulièrement rassurants (après tout, c’est fait pour ça). Mais bon, si la pâtisserie ne vous dit rien, les programmes télé sont remplis d’émission ayant pour but de vous débrancher le cerveau. À petites doses, ça ne fait pas de mal.

Déconnecter du travail demande de faire des activités qui vous plaisent

Pour aller plus loin, voilà une liste de 10 films que chaque entrepreneur doit avoir vu au moins une fois dans sa vie.

Évidemment, les moments passés en famille sont quelque chose qui devrait être assez efficace, sinon pour vous reposer, au moins pour vous déconnecter de votre journée de travail.

Jouer, discuter, échanger, partager de bons moments, bref, profiter de vos proches est peut-être le meilleur moyen de maintenir votre attention loin du boulot.

Et si vous pouvez sortir, voir du monde, vos amis, cela fonctionne aussi. Aussi fatigué que vous puissiez être, le fait d’envoyer son quotidien dans les cordes de temps en temps fait un bien fou. Encore une fois, l’idée n’est pas nécessairement de vous reposer.

Un dernier rituel que vous pouvez mettre en place, c’est la lecture avant de vous endormir. Pour moi, c’est le rituel le plus important.

Je trouve inconcevable de me coucher sans avoir lu au moins quelques minutes (oui mon temps de lecture pré-dodo a tendance à diminuer avec l’âge).

C’est encore une fois très personnel, mais le fait de lire avant de m’endormir place mon cerveau dans un état de demi-sommeil où la réalité rejoint le rêve à travers la lecture. Evidemment, je ne saurai que trop vous conseiller de lire à ce moment de la journée de la fiction (peu importe laquelle).

Au moment où j’écris ces lignes, je termine tout juste Le 7e continent, de Norman Jangot, aux éditions Oneiroi. Toute jeune maison d’édition qui vient de naître à côté de chez moi, elle est spécialisée dans les littératures de l’imaginaire et plus particulièrement dans le steampunk, le polar d’imaginaire et la fantasy. Si ce type de lecture vous intéresse, je vous recommande chaudement d’aller jeter un œil sur leur catalogue.

Mais revenons à nos moutons.

Il va sans dire que pour que tous ces rituels fonctionnent, il faut vous déconnecter non seulement psychologiquement, mais aussi de manière très pratique, de votre travail. En d’autres termes, n’allez pas « checker » vos mails, même 3 minutes.

Une fois tous ces rituels mis en place (bon, pas tous, mais ceux qui vous conviennent), vous aurez fait apparaître, comme par magie, du temps.

Oui, du temps.

Le temps que vous passiez à cogiter pour votre entreprise alors que ce n’était pas le lieu ni le moment, c’est du temps de gagné pour faire autre chose.

Vous vous rappelez le camembert au début de l’article ?

Voilà ce qu’il est devenu, maintenant que vous avez réussi à véritablement vous déconnecter du travail :

Journée d'un entrepreneur qui a réussit à se déconnecter du travail

Bon.

D’accord, ce n’est pas parfait.

Il y a des choses à améliorer. Il y en a toujours.

Mais personnellement, j’ai un besoin vital de mes 7h de sommeil.

Et vous ? Quel serait votre camembert idéal ?

Partagez votre routine, et les rituels que vous avez mis en place pour vous déconnecter de votre travail de chef d’entreprise, dans les commentaires ci-dessous.

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